Quel sera le montant de ma retraite ? - Réforme des retraites | Le site de référence

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Quel sera le montant de ma retraite ?

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C’est la première question qu’on se pose toutes et tous. Bizarrement, elle est totalement absente des consultations organisées par le gouvernement sur la réforme des retraites… Étrange, non ?

Pour l’occulter, le Gouvernement dit vouloir faire une réforme « systémique » et non « paramétrique ». En clair, il explique vouloir changer de système (en transformant les régimes par annuités en régimes par points). Cela permet de focaliser le débat sur la façon dont on organise le système de retraites plutôt que sur le contenu des droits, les « paramètres » de la réforme (et, au passage, de fustiger les « favorisé.e.s », les cadres, fonctionnaires, marins, cheminot.e.s ou autres régimes spéciaux).

Et pour cause ! Dans la réforme Macron, il est impossible de prévoir à l’avance le montant de votre retraite : elle variera en fonction de la valeur du point (acquis au cours de votre carrière).

Dans un contexte où le nombre de personnes âgées augmente, et donc les dépenses de retraites aussi, une réforme joue toujours sur 3 paramètres :

Deux éléments déterminent le montant des pensions :

  • Le mode de calcul des droits.Le système de retraite a été construit pour garantir le maintien du niveau de vie, il assure donc un niveau de pension en fonction du salaire antérieur (le « taux de remplacement »). Reste à savoir quels sont les salaires pris en compte : les meilleures années ou l’ensemble de la carrière ? Suite à la réforme de 1993, pour les salarié.e.s du privé, ce sont les rémunérations (primes comprises) des 25 meilleures années qui sont prises en compte. Dans la fonction publique, c’est le salaire hors prime perçu au moins pendant 6 mois avant la liquidation. Et dans la réforme Macron ce sera l’ensemble de la carrière, donc y compris les périodes de chômage, temps partiels, précarité…
  • Le mode de revalorisation des pensions.Avant 1987, les droits en cours de constitution et les pensions étaient revalorisées selon l’évolution moyenne des salaires. Elles sont aujourd’hui revalorisées en fonction de l’évolution des prix hors tabac (plus faible que celles des salaires) et même périodiquement gelées.On est passés de pensions qui représentaient en moyenne 84 % net du salaire net de fin de carrière (Source Conseil d’orientations des retraites, 1er rapport) dans les années 1980 à 68,2 % pour les femmes cadres et 61,7 % pour les hommes cadres en 2015 (Source : AGIRC-ARRCO).

Or, Emmanuel Macron, Jean-Paul Delevoye et le gouvernement l’ont dit et redit : pas question d’augmenter la part de nos richesses consacrées au financement des retraites.

Aujourd’hui, nous consacrons 13,8% de notre Produit Intérieur Brut au financement des retraites. Le gouvernement veut plafonner ce montant à 14% de PIB, et, en cas de besoin de financement supplémentaire, ajuster automatiquement le montant des pensions à la baisse. C’est ce que l’on appelle un système « à cotisation définies » : on bloque le niveau des cotisations et on ajuste les prestations. Au contraire, la CGT revendique un système « à prestations définies » : le niveau de prestation, exprimé en % du salaire de fin de carrière, est garanti, et les cotisations évoluent pour assurer les recettes nécessaires.

Sans ressources nouvelles, c’est donc le montant des pensions qui va être considérablement amputé. Grâce aux simulations officielles du Conseil d’Orientation des Retraites, on peut calculer, pour chaque génération, de combien nos pensions baisseront si on ne trouve pas de financement supplémentaire.

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