Vers la disparition des pensions de réversion ? - Réforme des retraites | Le site de référence

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Les pensions de réversions, ont pour objectif de maintenir après le décès de l’un des conjoints, le niveau de vie qui était celui du couple. Il s’agit de ne pas ajouter du malheur au malheur en contraignant le conjoint survivant à vendre la maison ou à changer de location, faute de revenu suffisant pour assumer seul les charges qui étaient supportées à deux. La réversion est ainsi un droit tout autant acquis aux hommes qu’aux femmes.

Compte-tenu que l’espérance de vie des femmes est supérieure à celle des hommes, la réversion bénéficie en pratique essentiellement aux femmes et à cet égard permet de limiter l’écart de pension entre les hommes et les femmes. Celui-ci est ramené de 40 % à 25 % en incluant la réversion.

Pour que chaque euro cotisé donne le même droit à retraite pour tous, la réversion deviendrait une option facultative.

Lorsqu’elle serait exercée, le régime, pour calculer la pension, ajouterait à l’espérance de vie du retraité l’espérance de survie  de son conjoint, ce qui aurait pour effet de diminuer le montant mensuel de sa rente.

Cette condition est nécessaire pour que chaque euro cotisé donne le même droit à tous, quelle que soit la situation matrimoniale.

Mais ça, c’est la face occulte du projet du gouvernement, qui a d’ores et déjà annoncé que la réversion serait :

  • limitée aux personnes mariées (comme aujourd’hui) : pas de prise ne compte du PACS
  • ne serait ouvert qu’à partir de 62 ans alors que c’est 55 ans actuellement dans le privé.
  • Serait calculé pour maintenir 66 % des revenus du couple, ce qui est insuffisant pour permettre au conjoint survivant de faire face aux dépenses liées à la maintenance et aux charges du logement.

Exemple :

Soit un couple de cadres. La pension du mari est égale à 2800 euros mensuels. La pension de l’épouse est de 1400 euros.
Avec le projet Delevoye, au décès de son mari, l’épouse percevrait une réversion calculée pour qu’elle conserve 66 % des revenus du couple, soit 66 % de 4200 euros = 2772 euros. Compte tenu que sa pension personnelle est de 1 400 euros, elle percevra une réversion de 1372 euros.

Si c’est l’homme qui survit, il n’aura droit à rien.

  • Les ex-conjoints non remariés seraient exclus du bénéfice de la réversion

1 réaction :

  1. En ce qui concerne la pension de réversion je pense qu’il ne faut rien toucher pour ceux qui sont nés dans les années 40-50. La réversion se conçoit dans un système où les femmes ne travaillent pas ou très peu,.

    Mais la question est toute autre pour les générations plus récentes par exemple née après mai 68.
    Il faut bien voir qu’il s’agit d’un avantage non contributif profondément inégalitaire car la réversion n’a rien à voir ni avec le travail, ni avec la parentalité., ni avec un quelconque sacrifice de carrière. Elle est juste liée au fait que l’on a choisi un conjoint plus ou moins bien payé.

    Je suis retraité, mon ancienne cheffe aussi. Nous avons le même diplôme d’ingénieur mais comme elle a choisi la voie du management et moi celle de l’expertise, sa retraite est bien plus élevée que la mienne de par sa position hiérarchique.

    Alors que les hommes acceptent traditionnellement une situation d’hétérogamie à leur détriment, les femmes l’acceptent beaucoup moins. Mon ancienne cheffe est donc mariée à un ingénieur également retraité.

    Vous pouvez aisément deviner à combien elle émarge.
    J’estime que lorsqu’elle sera veuve, sa pension personnelle + réversion tournera autour de 8000 Euros/mois. avant impôts. Si si vous avez bien lu.

    Si l’on peut comprendre que l’on accorde une réversion à une femme d’ouvrier défavorisé, j’ai du mal à comprendre que l’on puisse accorder une réversion à une veuve qui aurait déjà 5000 Euros de pension personnelle.

    J’estime donc qu’il faut encore conserver la réversion mais qu’il faut la plafonner et généraliser la condition de non remariage pour éviter les abus.

    Plafonner la réversion à la valeur moyenne de la retraite des hommes me semble être une bonne position du curseur.

    N’oublions pas que la réversion n’a rien à voir ni avec le travail, ni avec d’éventuels sacrifices de carrière mais qu’elle est uniquement liée à un statut.

    Une femme qui n’aurait jamais travaillé pour eu 5 enfants n’aura aucune réversion si elle n’était pas mariée.

    A carrières identiques, deux femmes n’auront in fine pas la même pension en fonction de leur conjugalité. Je ne trouve pas cela très équitable.

    Il ne serait pas sain d’envoyer à la population un signal selon lequel il serait possible de se faire une retraite par la conjugalité alors que d’autres sont obligés de travailler dur pour obtenir moins.

    L’instrument “réversion” n’est pas le bon moyen pour réduire les différences de retraite H/F lorsqu’elles sont injustifiées, car elle crée des iniquités entre les femmes elles-mêmes.

    C’est le travail qui doit apporter des droits à la retraite , pas la conjugalité. Cela me semble être un principe d’équité entre les citoyens.

    Par contre je pense qu’il faut augmenter les avantages familiaux afin de compenser l’impact des enfants sur la carrière des femmes, mais là aussi il faut que cela soit justifié car la situation n’est pas la même partout.

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