Un recul de l’âge réel de départ à la retraite ? - Réforme des retraites | Le site de référence

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Pour bénéficier de sa retraite à taux plein, il faut remplir deux conditions :

  • Avoir au moins 62 ans (sauf dispositif de départ anticipé)
  • Avoir validé suffisamment d’annuités : la loi définit pour chaque génération le nombre d’annuités exigées pour bénéficier d’une retraite à taux plein avant 67 ans (âge d’annulation de la décote). Les réformes de 1993, 2003 et 2013 n’ont cessé d’augmenter ce nombre d’annuités qui s’élève désormais à 43 annuités pour les générations nées en 1973.

Celles et ceux qui n’ont pas validé toutes leurs annuités, du fait des études, d’un chômage non indemnisé ou des précarités subies, doivent travailler soit jusqu’à 67 ans pour partir à taux plein soit accepter une décote.

Pour justifier l’allongement de la durée de cotisation et le décalage des bornes d’âges, les gouvernements ont expliqué qu’avec l’augmentation de l’espérance de vie, il fallait travailler plus longtemps.

Le problème c’est que du fait du chômage, de la pénibilité et des conditions de travail, le report de l’âge de départ en retraite a eu deux conséquences :

  • Augmenter le nombre de seniors au chômage. Pour rappel, près de la moitié des salariés ne sont plus en activité au moment de la liquidation de leurs droits à retraite.
  • Faire décrocher le niveau des pensions : Avec des salarié.e.s contraint.e.s de partir sans avoir toutes leurs annuités

Les femmes sont les premières pénalisées par ce report de l’âge de départ. Ayant plus souvent des carrières interrompues, elles sont contraintes de travailler plus longtemps pour pouvoir partir à taux plein. Aujourd’hui, dans le secteur privé, femmes cadres et assimilé.e.s partent en moyenne à 62 ans et 6 mois contre 62 ans et 3 mois pour les hommes.

Le gouvernement promet de maintenir à 62 ans l’âge d’ouverture du droit à retraite. En réalité, l’enjeu se situe d’abord sur l’âge effectif de départ. Pour inciter à partir plus tard, le gouvernement fixerait un âge pivot, 64 ou 65 ans par exemple, avant lequel les droits à retraites seraient minorés. Cet âge pivot reculerait au fur et à mesure de l’augmentation du nombre de retraités. Les salarié.e.s pourraient en théorie toujours partir à 62 ans (ou avant pour ceux bénéficiant de départ anticipés), mais avec des montants de pension tellement amputés que les 62 ans ne seraient plus qu’un âge fictif.

Le projet de réforme du gouvernement est, dans son principe, un copier-coller du système suédois : gel des ressources, avec un taux de cotisation intangible puisque « fixé une fois pour toutes », si bien que, compte tenu de l’augmentation du  nombre de retraités,  les citoyens doivent arbitrer entre un départ dès 61 ans avec une rente insuffisante pour vivre ou une rente relativement viable, sous réserve de décaler son départ en retraite… Décaler son départ, soit, mais jusqu’à quel âge ? En février 2012, Fredrik Reinfeldt, Premier Ministre suédois, déclarait que les actifs devraient travailler jusqu’à 75 ans pour pouvoir bénéficier du même niveau de retraite qu’en 2011.

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